La météo annonçait de fortes pluies sur Glasgow et une vraie tempête (vent à 100km/h) un peu au sud. Le chemin liant Glasgow à East Kilbride est désespéramment vallonné et impossible de trouver un seul chemin plat dans les environs ! La nuit n’a pas été bonne non plus, pas vraiment à cause du stress mais plutôt à cause de l’hôtel : des portes qui claquent jusque tard dans la nuit et un lit dur avec les ressorts qui vous rentrent dedans.
Le jour de la course, l’horizon s’éclaircie : il ne pleut pas, le vent est certes là mais pas plus fort qu’à Londres et l’organisation est excellente. Le parcours n’a rien de plat, mais la succession de longs faux plats de plusieurs kilomètres permet de s’installer dans son rythme. On se change et on attend tranquillement au chaud 15’ avant le départ puis on va prendre position sur la ligne, je laisse Margot avec les moins de 2h et avance jusque dans le premier groupe (moins de 1h30). Je ne serai pas du tout gêné.
Premier mile en 6’35, pile poile dans le rythme, deuxième en 6’30, troisième plus rapide encore. Je ne m’emballe pas pour autant : je suis bien dans mes sensations. Les rares instants où je jette un œil sur mon cardio je tourne autour de 168bpm. Bref tout va bien tant que ça descend et que j’ai le vent dans le dos… Seulement, à un moment ça va monter et je vais devoir courir face au vent.
Et justement une première montée arrive au quatrième mile, je lève le pied, un peu trop et passe en 7’11 ! Le début du 5ème reste en montée mais j’ai réaccéléré. Un passage plus facile et toute la fin de la boucle est en montée face au vent. Je refuse de me mettre dans le rouge et perds pas mal de temps. 7’24 au mile. Bon, soit ça monte (et descend) beaucoup plus que ce que je ressens, soit le marquage est très approximatif !
Un gars local me rattrape et je finis la montée à l’abri dans son dos. On fera plus de la moitié du second tour ensemble. Il est encouragé par tous les bénévoles, c’est sympa. Je gère bien les ravitaillements et le début du second tour, je dois être à la même allure que sur le premier. Puis ça monte et je perds moins de temps parce que je force un peu. Sur la deuxième montée, je rattrape un vétéran et il m’aide pas mal, j’essaie de le garder dans ma foulée, ça me fait ralentir un peu.
Puis je réalise qu’il reste moins de 4 miles. Je suis à 170bpm mais me sens encore très bien donc j’accélère progressivement. Mes temps de passage s’améliorent petit à petit et je monte en pulsation. Mais je reste bien. Un coureur me double, j’hésite à le suivre, le laisse me décoller. Mais à la faveur d’un passage plus facile, il ne me prend plus de terrain. Il ne reste plus que 2 miles et je me sens toujours bien. J’accélère encore et rattrape le gars, puis le double, je le sens s’accrocher.
Moins d’un mile maintenant, j’ai bouclé le 12eme en 6’08, et je vais encore plus vite. Un virage en épingle, une grosse bosse (pentue mais sur 10 mètres environ) et c’est le stade qui approche, je n’entends plus le gars dans mon dos, il a du décrocher. Je vais toujours aussi vite, et pourtant je coupe le 13eme en 6’31 (ça fait longtemps que je suis convaincu des marquages approximatifs !). C’est presque facile de sprinter sur la belle piste en tartan. Arrivée sous la pluie battante (qui tombe depuis 15’).
Mes pulsations sont montées à 171, 183, 176 respectivement sur les derniers miles et même 180 sur les derniers 200 mètres. Bien m’en a pris : je n’ai que 9’’ d’avance sur mon objectif !
Premier bilan à chaud : j’aurais pu aller plus vite, j’ai trop ralenti dans les montées et avec le vent de face, j’étais encore très bien sur la fin. Mon nouvel entraînement est par contre bien meilleur, il est moins dur, tire moins sur mes genoux et j’étais parfaitement bien pendant toute la course. De légères courbatures aux cuisses le lendemain me confirment qu’il faut me renforcer à ce niveau là.
Au final, j’ai explosé mon record de 2’40, passé comme prévu et sans problème la barre des 1h30. En plus, j’aurais sans doute pu faire mieux et le parcours n’était pas si facile que ça (entre vent et faux plats). Je pense aussi que j’ai encore de la marge de progression par rapport à mon état de forme après préparation. Je ne sais pas combien de minutes ça peut faire en tout, mais c’est très encourageant !
dimanche 22 juin 2008
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