
Les derniers instants de concentration avant le départ. La pointe d’inquiétude dans la gorge, l’ambiance sur la ligne. C’est un moment très particulier qui ne prend toute sa saveur qu’après une préparation minutieuse. Je m’élance. Je ne suis pas vraiment gêné par le monde. J’ai le sentiment d’aller doucement alors j’accélère et suis un petit groupe. Je me retrouve non loin du ballon des 3h, assez facilement. 4’15 au premier, je pense lever le pied mais je boucle le deuxième dans le même temps. Je décroche un peu, mais continue sur un rythme entre 4’20 et 4’25 sur les kilomètres qui suivent. Les jambes vont bien. Je sens qu’elles sont dures, mais au niveau de la respiration tout va bien et je me dis que c’est normal de dépenser de l’énergie si je veux faire un bon temps. Très vite, je m’aperçois que le parcours n’est pas plat. Au 8eme je suis dans le rythme et j’ai même la tentation d’accélérer un peu. Je rejoins d’autres coureurs qui sont partis plus vite. Je suis installé dans mon rythme autour de 4’25 au kilo. Je cours avec un coureur de je ne sais quel club, j’ai le temps de profiter du paysage, je prends les ravitaillements et bois beaucoup. L’estomac un peu gonflé, mais la course est très bien organisée. J’approche des 15 et je commence à avoir les jambes lourdes dès que la route ne descend pas. Au 17eme, faux plat montant, j’ai du mal. On boucle le kilo en 4’35. J’hésite et décide qu’il est trop tôt pour ralentir si je vise les 3h10. Bien que limite je décide donc d’accélérer. Je lâche mon compagnon et boucle le kilomètre suivant en 4’20. Trop vite. Je peux récupérer dans les 2 kilomètres suivants qui sont en faux plat descendant.
Arrive le 19eme, je suis limite et un faux plat montant plus dur que les autres (je me souviens de l’avoir noté sur le profil mais je l’avais oublié !) Il dure près de 2 kilomètres. Je commence à exploser. Je sais que je ne tiendrais pas ce rythme jusqu’au bout. Comme je ralentis, je sens la chaleur et déjà des frissons. Le mur des 30 au 20eme kilomètre ! Je suis foutu et je le sais. Je gère la fin du faux plat comme je peux et passe au semi en 1h33’25, malgré le temps perdu ! Une vraie descente suit. Je garde donc un bon rythme de 4’25. Je suis passé au semi en avance sur mon objectif (un peu moins de 3h35) malgré ma faiblesse des 2 derniers kilomètres. Je me dis alors qu’à défaut des 3h10, je peux peut-être quand même battre mon record. Il s’agit de ne pas lâcher trop de temps. Le calvaire commence. Sans force, accablé de chaleur, il me reste plus de 20 kilomètres à faire. Je tiens à peu près jusqu’au 25. Je marche pour le ravitaillement, malgré tout je suis encore sur les bases de 3h10. J’espère pouvoir me battre pour sauver les 3h15.Au 28eme, j’attends déjà le ravitaillement du 30eme. Je m’arrête au 29eme (ravitaillement qui reste de l’allée). Et pour repartir je suis à la limite de la crampe, il reste pourtant près de 15 kilomètres ! Je finis comme je peux avec quelques pauses aux ravitaillements. Malgré tout, quand je cours (j’ai bien du marcher près de 5’ en cumulé) pas grand monde ne me double. Tout le monde est dans le même état. La chaleur a fait de gros dégâts. Je finis en 3h23, épuisé, j’ai réussi à éviter les crampes et j’ai la satisfaction de ne pas avoir lâché malgré mon échec et la douleur.
A l’arrivée, j’ai beaucoup de mal à récupérer. Dans le train du retour, on décide avec Margot de faire le Médoc, mais tranquillement : avec un objectif de minimum 6h. Et il faudra choisir un marathon d’automne, là où le temps devrait mieux me convenir. Et après une bonne préparation (je devrais parti de moins loin). La Rochelle en France. Florence pense à Amsterdam (il faut voir la date). Je suis encore loin des 3h et il faut que j’y parvienne si je veux prétendre un jour à un triathlon longue distance.