Il y a eu une équipe clm presque au complet que j’ai rencontrée en chair et en os,
Il y a eu un rendez-vous photo le dimanche matin avec une belle ambiance et des beaux déguisements,
Il y a eu le soleil,
Il y a eu la mer tout le long du parcours ou presque,
Il y a eu un premier semi où j’ai géré exactement comme prévu (à une bpm près !),
Il y a eu ce passage au semi dans un temps inespéré (1h32’08),
Il y a eu la cote du Cap d’Antibes où j’ai une nouvelle fois bien géré,
Il y a eu ce moment d’euphorie où les sensations étaient excellentes et les paysages somptueux,
Et il y a eu le 34eme kilomètre où j’ai lâché dans ma tête.
On rembobine. Flash back :
Je passe sur la Pasta Party et le rendez-vous du matin pour la photo pré-marathon, le soleil, la mer…
Un peu de monde au départ. Quelques secondes perdues sur le premier kilo, j’accélère sur le deuxième et monte vite en pulsation. Première erreur. Ensuite je gère mieux, ralenti dès que je dépasse la cible (162 jusqu’au 10, 164 jusqu’au semi et 166 jusqu’au 25). Seules les cotes… à non désolé, j’oubliais que c’était plat, je reprends donc, seuls les faux plats me font momentanément sortir de la zone cible. Tout va tellement bien qu’entre le 24 et le 29eme, c’est l’euphorie. Les paysages sont magnifiques, mes sensations excellentes d’autant plus que dans cette succession de faux plats j’avale bon nombre de participants qui ont du se griller dans la cote.
Seulement, je reste au dessus de la cible, deuxième erreur. Oh, pas trop : +1 bpm sur 3 kilos, seulement voila que je monte à +5, troisième erreur. En plus avec ce profil « plat », j’ai ralenti depuis le semi : j’ai perdu 9’’ au kilo. Je souffle un bon coup. Une féminine et son meneur d’allure personnel en profitent pour me reprendre. Je me coule dans leurs foulées et mon cardio se stabilise à 168. Je retrouve de meilleures sensations passe le 32eme. Je me dis alors que c’est dans la poche, que je suis sur les bases de 3h07 et que je vais battre mon record même si je faiblis un peu.
Et puis les deux accélèrent et je m’accroche, l’erreur de trop. Mon cardio monte à 173. Je décroche après environ 1km 500. Mais c’est trop tard. Je n’ai plus de force, le moral dans les chaussettes. Il ne reste « plus » que 8 kilomètres mais il reste « encore » plus de 35’. Et puis j’ai mal aux jambes. J’ai mal à l’ego surtout. Je dois prendre une décision : gérer la fin comme je peux pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être : à savoir battre mon record, descendre sous 3h09’30 ou profiter de cette belle journée et de cette fin de course ?
D’un coté je me suis entraîné dur, ça a été des centaines de kilomètres, du fractionné à finir hors d’haleine, des sorties longues sous la pluie Londonienne. Tout ça pour être ici maintenant, au kilomètre 34 de ce marathon, c’est trop con de tout lâcher.
D’un autre, ça va être horriblement douloureux, je vais finir en pleurs et je ne suis même plus certain d’y arriver de le battre ce p… de record.
Je suis étrangement lucide pour me décider : il fait beau, le week-end a été un vrai plaisir jusque là et battre mon record de quelques secondes ne m’apportera rien. Pour passer sous les 3h là oui, d’accord pour souffrir, mais 3h08 ou 3h09, ça ne change pas grand-chose. Alors autant profiter de cette belle journée, discuter et encourager les autres marathoniens, haranguer la foule, taper dans les mains des spectateurs. Je coupe mon effort, et repars après le ravito du 35eme sur un rythme de 5’15 au kilo. Je profite de cette fin de course à fond. J’arrive en 3h14, le sourire aux lèvres. Quand en plus le soleil, la douche, le resto sur la plage sont du programme, la journée continue drôlement bien.
Au final, je suis content de cette nouvelle aventure et d’avoir pris la bonne décision ; confiant aussi d’avoir progressé depuis Paris (vu le parcours, mes erreurs et la météo, je pense avoir gagné une ou 2 minutes, au bas mot). Les 3 heures ne sont certes pas pour tout de suite, mais elles se sont un peu rapprochées.
dimanche 9 novembre 2008
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