Pour cause de genou raide (massage à l’anti inflammatoire en préventif dès dimanche), pas de PPS aujourd’hui. Je pars donc pour profiter d’une sortie en toute détente. Et j’en profite pour « oublier » mon cardio et tourner en sens inverse, faire quelques détours quand le cœur m’en dit.
Je débute mon parcours tranquillement, découvre quelques nouvelles allées. Et au détour d’un chemin, je me crois perdu pendant quelques secondes, je vois la grille de Hyde Park Corner, celle ornée de chevaux. Je continue le chemin qui tourne sur ma gauche. Non, en fait c’est juste qu’en tournant en sens inverse je vois les choses différemment : ce portail a toujours été là et je suis passé devant des dizaines de fois, seulement il est habituellement dans mon dos, une image furtive qui ne s’était jamais imprimé dans ma mémoire. Et là je le vois de face. Mentalement je note qu’il faut toujours se remettre en cause, ne jamais oublier de souvent regarder sous un angle nouveau ce que je connais si bien. A ne plus prêter attention à ce que l’on croit tant connaître, on passe à coté de tellement de choses. Sans doute aurais-je d’autres surprises et toujours j’y gagnerais de compléter mon point de vu.
Alors que je continue à petite allure dans la grisaille humide de ce samedi matin, c’est un peu d’Angleterre que je (re)découvre : il y a cet ouvrier qui mange un énorme sandwich, allongé sous un arbre reculé du Park. Il s’évade de son quotidien. Je passe à seulement quelques mètres de lui, mais il ne me regarde pas, je ne sais même pas s’il a conscience de ma présence. Un peu plus loin, je croise deux cavalières, de jeunes anglaises dans une tenue équestre complète et impeccable, elles parlent d’un air distrait, elles non plus ne me regardent pas, mais je suis bien certain qu’elles m’ont vu. Leurs chevaux sont à leur image, ils marchent la tête haute et droite. En me croisant, ils me contemplent de toute leur morgue.
samedi 17 mai 2008
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