mercredi 4 juin 2008

C’est l’été

Au milieu des flaques d’eau des averses de ces derniers jours, le soleil joue à cache-cache derrière de beaux nuages blanc. Je pars pour une sortie de 45’ sur un rythme tout tranquille entre les canaux, les canards et les arbres de Regent Park.
En plus des habituels visages de coureurs réguliers et du groupe de collégiens français qui prend son pique-nique (il y a un groupe différent chaque jour, même sous la pluie !), les pelouses sont remplies de poussettes, de familles, de groupes d’amis et même d’amoureux. Il y a la petite famille dont les parents grignotent distraitement un sandwich en surveillant bébé qui évolue maladroitement dans l’herbe, plus loin un groupe de jeunes femmes musulmanes, tout sourire sous leurs tchadors qui étendent un beau drap brodé en guise de siège et de nappe et sortent nombre de victuailles de vieux sacs ‘Tesco’.

Les allées sont noires de monde, entre les lycéennes anglaises dans leurs uniformes impeccables et les businessmen ou women dans leurs costumes - cravates ou tailleurs qui avancent le plus souvent à grandes enjambées (d’accord pour profiter du beau temps plutôt que de prendre le métro, mais il ne s’agit pas non plus de perdre trop de temps !)

Mais le plus amusant c’est la multiplication des sportifs occasionnels ! Les terrains de foot sont remplis d’hommes légèrement bedonnants, la trentaine bien tassée ou la quarantaine, qui ont ressorti pour l’occasion le dernier modèle de chaussure de foot. Celui qu’ils se sont offerts la dernière fois qu’il se sont promis (ou était-ce à leur femme ?) de se remettre au sport et qu’ils n’ont mis qu’une ou deux fois en 10 mois. Ils ont visiblement du mal à bouger et ratent la plupart des gestes qu’ils tentent. Parfois, un beau contrôle ou une bonne passe témoigne qu’ils ont eu pratiqué le football, fut un temps.

C’est aussi la multiplication des joggers. Et plusieurs nouvelles catégories apparaissent : le coureur du dimanche qu’un rayon de soleil a suffi à motiver et qui a enfilé un vieux tee-shirt qui ne ressemble plus à rien et une paire de running plus ou moins fraîche, pour l’occasion ; le frimeur, i-pod aux oreilles, lunettes de soleil sur le nez et tee-shirt tendance sur le dos et qui tente de préserver son look dans l’effort ; et, catégorie particulière à cette période de l’année, la coureuse au gros cul. Il y a celles qui l’assument dans des cuissards bien moulants et celles qui tentent de le camoufler avec un sweet noué autour des hanches ou un bas de survêtement bien ample. Souvent elles soufflent fort, le visage rouge et paraissent souffrir le martyre. Ne dit-on pas qu’il faut souffrir pour être belle ? Mais aujourd’hui à Regent Park, la souffrance semble bien veine, dans la plupart des cas.

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