mercredi 23 juillet 2008

A la poursuite de mon ombre


Une sortie en fin d’après-midi, à l’heure où les ombres s’étirent, comme une allégorie de la grandeur de ce sport. Je pars vers l’Est, je cours vers la France, à la poursuite de cette silhouette insaisissable et irrattrapable qui s’étend sur le chemin de terre devant moi. Par moment, elle joue à cache-cache dans les empreintes presque immobiles que les arbres feuillus laissent sur le sol. A la faveur d’une brise, d’un feuillage clairsemé, elle réapparaît par morceau. Puis je dépasse l’arbre et je la retrouve, encore un peu plus grande, toute entière devant moi.

Le jour qui décline ne fait que la renforcer. Elle est maintenant gigantesque. Mais je tourne vers le Nord, sors du parc. Je la laisse un moment s’étendre sur ma droite, toujours elle aspire à l’Est. Puis, à la faveur d’un nouveau tournant et d’une haie d’immeuble que je longe d’un peu près, je l’abandonne derrière moi. La chaîne qui la liait à moi maintenant brisée, je l’imagine poursuivre sa route. Elle semblait avancer si facilement, son sombre visage imperméable à l’effort. Peut-être peut-elle courir sans fin ?

Pour moi la sortie de la journée est finie. Plus prosaïquement, j’ai complété une première version de mon programme d’entraînement jusqu’au marathon en appliquant les mêmes recettes que pour le semi. Avec juste un peu de VMA en plus.

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